Origine des patronymes des Vlérons

Le nom du village : Provient sans doute du latin médiéval villare (dérivé de villa, qui désignait une maison de campagne ou une exploitation agricole). Le nom a évolué au fil des siècles pour devenir « Le Villars » après la Révolution.

Le gentilé (Vlérons) : Il s’agirait d’une forme dialectale locale issue du patois bourguignon rattachée au nom du village, contractant la prononciation de « Villars » en « Vlé » / « Vler- » complété par le suffixe démonstratif ou habituel local -on.

Introduction

Les noms de famille que l’on rencontre aujourd’hui au Villars ne sont pas de simples mentions administratives héritées au fil des générations. Ils sont les témoins silencieux d’une histoire longue, complexe et profondément humaine. Derrière chaque patronyme se cachent des fragments de vie : un métier disparu, un trait de caractère, un paysage familier, une origine géographique, une langue ancienne, parfois même une anecdote savoureuse ou un clin d’œil inattendu.

Dans ce travail minutieux de recherche, Serge Milliex nous invite à remonter le fil du temps jusqu’aux XIIIᵉ et XIVᵉ siècles, lorsque les premières communes ont commencé à consigner les identités de leurs habitants. À cette époque, le prénom ne suffisait plus : il fallait distinguer les Pierre des autres Pierre, les Marie des innombrables Marie. Les clercs, souvent hésitants sur l’orthographe et payés à la ligne, ont façonné des graphies parfois surprenantes, allongeant les noms, transformant les sons, créant des variantes qui sont devenues, au fil des siècles, nos patronymes actuels.

Ce document écrit par Serge Milliex au début des années 2000, nourri de dictionnaires spécialisés, de sources historiques et d’un relevé des noms sur les tombes du cimetière du Villars, constitue une véritable contribution à la mémoire du village.

Nous sommes heureux de le mettre à disposition sur notre site afin que chacun puisse découvrir la signification de son patronyme, d’en saisir la profondeur, et peut‑être de renouer avec une part oubliée de son histoire.

Bonne lecture, et bienvenue dans la mémoire des noms du Villars.

Voici donc le texte de Serge Milliex

Origine des patronymes du Villars

La plupart des patronymes font leur apparition aux 13°-14° siècles, au moment où se constituent les « communes » et où le prénom seul ne suffit plus (d’autant plus qu’il y avait ·aussi des modes et qu’on trouvait une flopée de Marie, Pierre, Paul, Martin … ce qui ne facilitait pas les choses).

Vont donc apparaître les registres d’état civil tenus par des clercs, pas toujours sûrs d’eux en ce qui concerne l’orthographe, d’autant plus qu’elle n’était pas encore fixée. D’où des graphies qui peuvent sembler fantaisistes. A ce propos, le clerc étant payé à la ligne, la tentation était grande pour lui d’allonger les patronymes : d’où une transformation de i en y, un son o écrit -eau ou -ault, autant de lettres parasites qui n’ont rien à voir avec l’étymologie.

Quant à l’origine des noms, vous noterez une grosse influence du latin (ce qui semble normal), du germanique (les Francs et les Burgondes ne sont pas si loin). A propos du germanique, vous remarquerez combien il est à l’origine de patronymes pacifiques, doux … (Toutes les terminaisons en -ard < hard = dur en sont la preuve !)

Que trouve-t-on dans ces patronymes ? Deux grandes catégories :

  • Ceux dont le sens est clair.
  • Ceux dont le sens est obscur.

1. Sens clair :

  • noms de métiers: Bouvier, Meunier, Mercier, Pannetier …
  • qualités ou défauts : Prudent, Clément …
  • noms d’objets : Pont, Vivier …
  • noms d’origine animale ou végétale : Canard, Merle …
  • noms ayant trait à la parenté : Lenfant, Lainé …
  • noms de voisinage (rappelant l’habitat) ou d’origine : Dufour, Desmurs, Voisin, Bourguignon …
  • noms de saints : Vincent …
  • noms curieux mais signifiants : Lamain Passerat, Sixdenier …

2. Sens plus obscur :

Ils entrent dans les mêmes catégories mais ce sont des mots d’AF qui ont disparu (ou dont le sens a disparu).

  • profession : Bourlière, Prost, Sarralier …
  • qualité ou défaut : Cortot, Grassard …
  • objets : Fichet …
  • végétale ou animale : Vernay … ETC.

A noter que, dans tout ça, on ne trouve nulle part de « fils de ». Il n’y a qu’en italien et en français que cette forme n’existe pas, autrement dit chez les peuples les plus imprégnés de civilisation romaine.

Pour bien suivre : sans vouloir me la péter, comme disent les nouvelles générations, je n’ai pas pu faire l’économie de termes un peu techniques. Mais bon, même si ce n’est pas forcément facile de les recaser dans la conversation, j’en ai fait un petit lexique.

Lexique

  • Aphérèse : Amputation du début d’un mot. Ex: le pitaine pour capitaine.
  • Hypocoristique : Forme familière altérée d’un nom. Ex: p’pa, m’man.
  • Oxymore : association de deux termes antinomiques. Ex: « ce grand petit homme » écrit Hugo (à propos de Napoléon 1er) ; en boxe, les lourds légers.
  • Toponymie : Science des noms de lieux d’où toponyme : nom de lieu.
  • Cas régime : En AF, il existait une survivance des déclinaisons latines : deux cas, le cas sujet et le cas régime. Ex : CS : sire; CR : seigneur. CS : nonne; CR : nonnain …

Abréviations

lat pour latin ; gr pour grec ; germ pour germanique ; AF pour ancien français ; MA pour Moyen-Age.

< ne veut pas dire « plus petit que » (on n’est pas en math, que diable) mais « vient de »

Enfin, ne croyez surtout pas que j’ai la science infuse, j’ai fait quelques recherches, voici mes sources :

  • dictionnaire étymologique des noms de famille d’Albert Dauzat
  • origine des noms patronymiques français de Paul Chapois
  • dictionnaire étymologique des noms de famille de Marie Thérèse Morlet
  • dictionnaire d’ancien français de Gransaignes d’Hauterive
  • dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey
  • … et de nombreuses errances sur Internet, offrant des horizons infinis.

Remerciements

Je tiens à remercier ici André SIXDENIER qui, alors que je croyais avoir terminé mes recherches, m’a fait remarquer que ça ne valait rien, vu que je n’étais pas allé relever les noms sur les tombes …

Remerciements tout particuliers à Stéphane MILLIEX qui a mis en pages, tout ce que vous allez lire : lui, au moins, il ne m’a pas compliqué la vie.

S. Milliex

Origine des patronymes du Villars

ABCDFGHJLMNOPQRSTV

ALBANO : <lat albus: blanc. C’est la forme espagnole ou italienne de Alban. Sans doute sur Albanus qui fut saint et martyr (3° – 4°s) et qui a donné Alban et Albain (cf Saint Albain)

ANDRE : < gr andros:viril. Nom d’un des 12 apôtres. On retrouve le radical dans androgyne (qui est homme et femme à la fois), dans Alexandre (celui qui repousse l’homme, dans le sens de ennemi).

AUCLAIR : < lat clarus: Soit illustre (au sens figuré) soit clair au (sens physique).

Ellipse de [fils] au clair (ou au clerc).

Au M.A., Clair (parfois sous une forme Cler) est le nom d’un saint, premier évêque de Nantes. Cf Quartier Saint Clair à Lyon.

A noter qu’il n’existe plus, comme prénom, que sous sa forme féminine Claire.

AULARD : (centre) Ellipse de [l’homme] au lard. Autrement dit à rattacher aux noms de métiers : charcutier.

AVONDO : (fréquent dans le SE) <lat abundus : abondant qui a donné Abundius, nom d’un saint dont on ne sait rien mais qui a donné son nom à des communes de Loire et de Haute Loire.

En Italie, le nom est lié à San Abbondio, évêque et patron de Côme mort en 468.

BACHELET : (fréquent en Normandie). Diminutif de Bachelier : jeune seigneur ou tout simplement jeune homme.

BADEY : Plusieurs possibilités :

  • soit un hypocoristique de l’adj. badin qui apparaît au 15° siècle avec le sens de sot, niais;
  • soit <badier (forme méridionale) <badar : ouvrir, d’où celui qui ouvre les portes, autrement dit huissier ;
  • soit toponyme du S.O.

BARBERAT : (Suisse et Doubs) diminutif de barbier, autrement dit un nom de métier d’autant plus qu’au MA, le barbier en plus avait un côté médecin ou tout au moins rebouteux.

BAUMANN : (Alsace, Lorraine ) <germ. Bûman : cultivateur.

BERNET : (Doubs, Haute-Saône) variante de Bernot, diminutif d’un nom d’origine germanique : bern, berno : ours. D’où plusieurs solutions : montreur d’ours, fort comme un ours ou bien dans son sens actuel, asocial, bougon…

BERTHEAU : (fréquent dans la région lyonnaise et en Bourgogne).

Plusieurs possibilités :

  • soit une forme méridionale sur Bert (cas sujet d’un nom de personne <germ. Bertho : brillant, célèbre
  • soit un diminutif de ber, en AF c’est le cas sujet de baron
  • soit le diminutif d’une aphérèse de Aubert ou Robert.

BILLARD : <germ. Bili : doux, aimable /hard : dur. (superbe oxymore !) à moins que ce ne soit l’aphérèse de Robillard, lui-même formé sur Robert.

BILLY : (Deux Sèvres, Loire Atlantique) Surtout formé sur des toponymes <lat Billius, forme latinisée d’un éventuel nom gaulois Billios qui aurait laissé son nom à des domaines (Aisne, Allier, Nièvre).

BLAIN : (Centre, Lyonnais) Soit nom de personne d’origine germanique (Biadinus), soit une graphie de Blin, forme contractée de Belin : en AF, bélier, mouton.

BOISMENU : forcément sur Bois en tant que voisin de la propriété, un peu la même chose que Bosquet, lui-même un patronyme fréquent.

BOREAU : (Centre) Comme Borel, forme méridionale, c’est une variante régionale de bourreau.

BORNET : En Saône et Loire, diminutif d’un toponyme désignant une source, un ruisseau <lat. Borna, cavité naturelle puis source.

ou bien sur Borgne qui, en AF désignait aussi celui qui louche.

BOTTON : (Rhône, Vosges, Deux Sèvres mais aussi Belgique et Vénétie)

Cas régime d’un nom de personne germanique Botto <germ bad-hart : messager-fort.

Autre possibilité : <bas lat. Bottones : bornes, limites. D’où, celui qui vient de ces régions limitrophes.

BOUCHACOURT : il s’agit d’un sobriquet. Le nom vient d’une forme méridionale et signifie celui qui a la bouche courte. Soit petite bouche (aspect physique), soit celui qui parle peu (un peu comme un taiseux)

BOUCHET : commun dans la Loire et la Vienne : celui qui habite le Bouchet, toponyme ayant le sens de « petit bois » <AF : boschet : petit bois (même chose que bosquet)

BOUILLON : 2 possibilités :

  • <lat. betullia : bouleau. D’où un toponyme : boulaie, et par extension celui qui y habite.
  • en AF, bouille est synonyme de marécage, sans doute fait sur boue. Dans ce cas, bouillon a le sens de bourbier, en tout cas de celui qui habite à côté d’un marécage.

BOUILLOUX : même origine que le précédent mais, ici, il s’agit d’une forme méridionale <bouille : marécage.

BOURDON : Plusieurs possibilités :

  • Bâton de pèlerin : peut-être le surnom d’un pèlerin ou d’un fabricant de bourdons.
  • <bas lat. Burdonarii : âniers, muletiers souvent hommes bourdonnants, autrement dit à la voix grave et sourde, chacun sait que c’est mieux pour faire obéir les mules.

BOURLIERE : Nom de profession :

  • Soit sur I’AF bourrel qui est une forme ancienne de bourreau
  • Soit sur un homonyme bourrel : harnais, collier ; il s’agit alors d’un fabricant de bourrels ; c’est la même chose que bourrelier.

BOUVIER : (fréquent en Isère et en Savoie). Nom de profession, avec le même sens qu’aujourd’hui (même si le métier est plutôt rare !) : marchand ou conducteur de bœufs.

BRANCHET : (Centre, Bourgogne) Si le diminutif est une forme méridionale, le surnom est obscur : soit marchand de bois ou bûcheron, soit sur St Brancher, martyr à Rome en 304, soit toponyme, ex. St Brancher dans l’Yonne.

BRINGER : (Alsace, Lorraine) Nom de métier : porteur (cf le verbe anglais, to bring : porter). En Lozère et Haute Loire, c’est la contraction de Béringer <germ. beringari de berin : ours et gari : prêt pour le combat. Surnom de montreur d’ours ?

BROSSELIN : 2 possibilités : nom de marchand ou de fabricant, le nom est fait sur brosse en AF, brosse signifiait aussi broussaille, d’où brosselin, petite broussaille et il s’agirait alors d’un toponyme.

BROUILLARD : Forme méridionale, le nom a pu désigner un individu brouillon. Ou bien le mot a été fait sur breuil <gaulois et qui désignait un bois humide, puis un bois taillis, puis un bois clos : nom de lieu ou de domaine et, par extension, celui qui y habite.

CADOT : (très fréquent en 71) C’est la même chose que l’ancien occitan cadet qui est un sobriquet signifiant petit chien, à rapprocher du langage familier cador, dans le sens de chien (cf la B.D. de Binet)

CANARD : c’est un sobriquet en comparaison de l’animal : soit d’après la démarche, soit d’après la façon de parler.

CARDON : Il s’agit peut-être de l’aphérèse de Ricardon <Richard <germ. rie : puissant, hard : dur mais, plus vraisemblablement (midi, Normandie, Picardie) du mot chardon (peut-être à rapprocher du cardon cher aux Lyonnais) <bas lat. cardus : chardon à carder (autrement dit cardaire comme on en trouve encore au bord de Saône).

CARILLON : Plusieurs possibilités :

  • <cario : st Carion, évêque en Orient
  • <Carignan <lat. quatrinio : groupe de 4 cloches, d’où le surnom d’un sonneur de cloches. C’est aussi un toponyme dans plusieurs régions de France.

CARTIER : Deux possibilités

  • Quartier qui avait le même sens en AF
  • <AF carterier qui lui-même a deux sens : soit geolier <lat carceradus, soit charretier <lat carierus.

CAVET : (Savoie, Saône et Loire) Diminutif de cave : fossé, creux d’où peut être cave à vin, donc celui qui possède une cave, d’où cabaretier.

CHALOYARD : Peut-être celui qui est originaire du Chaloy (Loiret). A moins, mais c’est beaucoup plus douteux, qu’il ne s’agisse de la forme francisée de caloyer : moine grec (forme attestée, fin XIVe) <gr kalogeros : beau vieillard.

CHANGEA : (Haute Loire et départements voisins). Désigne celui qui est originaire de Changeac, nom de plusieurs lieux en Haute Loire <gaulois Camius : domaine de Camius.

CHAPUIS : Nom de métier : en AF, chapus ou chapuis est synonyme de charpentier.

CHATELARD : nom de lieu d’origine (Basses Alpes, Creuse, et nombreux hameaux de la région rhodanienne et du Massif central)

<gallo-romain : castellare <lat. castellum : château

CHOPARD : (surtout dans le Doubs) Plusieurs possibilités :

  • <AF chopper: buter, heurter, tomber. Ex: « redressons cest asne qui choppe » (Clément Marot) d’où sobriquet désignant celui qui trébuchait facilement.
  • Peut-être aussi un péjoratif de I’AF chopin : coup violent, qui désignerait alors un homme batailleur, prompt à cogner.
  • A moins qu’il ne s’agisse d’une forme masculine de chopine d’où un surnom de buveur (cf la chope de bière) <du bas allemand shope, shopen : puisoir de brasseur.
  • Dernière possibilité mais douteuse, <bas lat chopa qui désignait une sorte de houppelande.

CLEMENT : <lat clemens, clementis : clément. Donc surnom. A noter aussi la popularité de St Clément au MA, d’où de nombreux toponymes.

CLERC : <AF, le clerc (tonsuré) est le lettré, dans la mesure où les membres du clergé étaient quasiment les seuls à savoir lire et écrire. <lat. Clericus : membre du clergé. A noter que, dans certains cas, il peut être une variante de Clair.

CLET : Aphérèse très ancienne d’Anaclet du nom d’un saint.

CLOS : (Pyrénées, Limousin) Enclos de propriété, très souvent employé avec l’article : Duclos (forme méridionale, Ducloux), c’est parfois un toponyme de lieux habités, hameaux ou fermes isolées.

COLIN :<Nicolas, avec aphérèse. Patronyme très répandu au MA en raison de la popularité de St Nicolas. <gr. Nikê : la victoire et laos : synonyme de demos : le peuple.

CORLIN : Variante de courlis : surnom d’après le cri de l’oiseau.

CORNET : Plusieurs possibilités, toutes sur le mot corne :

  • Sobriquet ayant le même sens que Cornard: mari trompé.
  • Plus vraisemblablement : « petite corne » : surnom de marchand.
  • Peut aussi désigner, celui qui sonne du cor (ou de la corne) ou encore, celui qui fabrique des cornes dans le sens d’instruments à vent.

Comme quoi, il n’est pas forcément facile de se prononcer sur les patronymes qui semblent les plus simples.

CORTOT : (Bourgogne) Peut-être comme Courtot (Dijon XIVè) <court : diminutif et sobriquet : petit de taille.

DAMAS : variante de Dalmas <lat. Dalmatius : originaire de Dalmatie. C’est un nom de famille à partir d’un saint grec (IVè-Vè s.)

DANDEL : Plusieurs possibilités :

  • En Normandie : originaire d’Andel
  • Dans le Jura et la Haute Marne : originaire d’Andelot
  • Peut être composé sur Dandin : sobriquet pour niais (sens primitif : cloche)
  • A moins qu’il ne faille penser à I’AF dandelle : pissenlit (cf dandelion devenu dent de lion).

DEBRUN : Fils de brun ou francisation du flamand Debruyne : le brun.

DEBARBOUILLE : (surtout en Saône et Loire, à Vérizet depuis le 18°S).

Le nom est surprenant. L’adjectif, employé depuis le 16° s semble être la seule solution : peut-être le sobriquet d’un charbonnier (?).

DECHAUME : nom topographique : relatif à une partie du domaine. En AF, un chaume désigne aussi un plateau dénudé.

DELARASSE : Peut-être sur rasse qui était, aussi bien en Picardie qu’en langue d’oc, une scie. D’où, sans doute, le surnom de l’artisan utilisant cet outil.

DEMANGET : Forme populaire régionale de Dominique (= du seigneur) c’est-à-dire : béni du seigneur.

DESBORDES : (très répandu dans le Limousin, toponyme de nombreux hameaux). Désigne le tenancier des bordes (= fermes), donc un fermier.

DESMURS : (assez courant en 71). Celui qui habite un lieu-dit « les murs », toponyme fréquent évoquant une fortification. C’est aussi un nom de localités d’origine (Côtes d’Armor, Loir et Cher). Il peut aussi être un surnom de maçon (celui qui fait des murs).

DESPOUY : Forme régionale de « des puys » indiquant la situation de la maison. <puy : hauteur, butte (ex : Le Puy). On rencontre aussi beaucoup de Dupuy en région lyonnaise, dans le Tarn…

DIOT : plusieurs possibilités

  • Hypocoristique de idiot
  • Hypocoristique du prénom Didier
  • Le plus souvent, c’est une variante de Guyot, diminutif de Guy <germ. Wido de Wid : bois

Le nom se rencontre surtout dans l’Allier, la Marne, l’Aisne, et la Saône et Loire.

DUFOUR : Nom très répandu (surtout dans le Nord) Préposé au four banal, voisin du four banal, boulanger.

DUSSAUGE : (Nord et Indre) Dans l’Ain, celui qui est originaire d’un lieu-dit le Saugey : bois de saules <lat. Salictum.

FAILLE : Trois possibilités en AF :

  • torche
  • étoffe de soie
  • faute (de faillir)

Le patronyme semble devoir se rattacher à étoffe comme surnom de marchand ou à torche, marchand ou fabricant.

FAUCONNIER : <lat et germ. Falco. Eleveur de faucons.

FAVERJON : Sans doute sur Faverge(s), nom de localités d’origine (Isère, Haute Savoie, Loire). Comme Farges ou Fabrègue (Midi) <lat. Fabrica = forge.

FAVIER : <lat. Faba : fève. Producteur ou marchand de fèves.

FICHET : (fréquent en 71 et en 79). Diminutif sur le verbe ficher : fixer, planter. En AF, fiche est une pointe de fer. C’est sans doute le surnom d’un ouvrier ou d’un artisan d’après son instrument de travail.

FURGEOT : <AF furgier : creuser, fouiller. Hypocoristique appliqué à celui qui a tendance à fouiner, à fureter.

GAUCI : en maltais, il s’agit du Gozitain, autrement dit, natif de Gozo, île sœur de Malte que les Espagnols nommèrent Gozo : joyeuse. Les Maltais l’appellent toujours Ghawdex qui se prononce a-ou-dè-che et les Gozitains sont les a-ou-tchi, c’est le sens de Gauci.

GAUTHIER : Patronyme très fréquent. <germ waldo, du verbe waldan : gouverner, et hari : armée. Celui qui gouverne d’une main de fer par exemple. Mais Gauthier a été aussi le surnom de faiseurs de farces et parfois de bûcherons.

GERVAISEAUX : (surtout dans la Sarthe) Forme occitane dérivée de Gervais. C’est un nom de baptême et de famille. Ex: St Gervais.

GILET : sur Gille <lat. Egidius, popularisé par St Gilles, ermite provençal du Vlè s.

GONNET : Sans doute rien à voir avec I’AF gonne : robe (de cuir) ou veste, auquel se rattache peut-être le gone lyonnais (?), c’est plutôt un hypocoristique de Hugues (Hugon, Hugonnet).

GORDONNAT : (Ouest) <Gordon : nom d’anciens immigrés Ecossais. Il est possible aussi que ce soit une variante de gourd <AF gord : grossier, engourdi, balourd.

GOUJON : Peut, bien sûr, venir du poisson et désignerait un marchand de poissons mais peut-être aussi le sobriquet d’un homme à grosse tête. <bas lat. Gobio <lat cobius <gr. Kôbios : petits poissons de mer. (Moralité : gobie et goujon forment un doublet).

GOYET : formé sur goy : serpe à talon (cf goyard). Désignait le marchand ou le fabricant de ces outils. Le patronyme est fréquent dans la Loire.

GRASSARD : C’est un sobriquet formé sur gras, en référence à l’embonpoint de son propriétaire, comme Legras, Grasset…

GRILLET : (fréquent dans le 42 et le 71) Diminutif de gril : grillon. Surnom évoquant la bonne humeur ou l’attachement au foyer ou quelqu’un qui chante tout le temps.

GUICHARD : patronyme répandu d’origine germanique. <germ. Wig: combat, hard: fort, dur. En AF, une guiche était une ruse (cf aguicher), Guichard pourrait alors être un surnom péjoratif. Enfin, et pourquoi pas, il pourrait venir du toponyme La Guiche en Saône et Loire.

GUIGON : (fréquent dans le 71, le84, le 73 et tout le Sud Est) <Guigue, cas sujet de wig : combat (comme Guichard), le cas régime étant Guigon.

Remarque : <lat. Vico, il existe un St Guigon, honoré en basse Bretagne.

GUILLET : (Franche Comté) C’est un diminutif de Guillaume <germ. wil: volonté et helm : casque ou de Guy.

GUY : <germ. Wido de Wid : bois

Le Saint Guy le plus connu correspond au latin Vitus (dérivé probable de Vita : vie), martyr dans le Sud de l’Italie. A l’origine de la danse de St Guy qu’il était censé guérir.

HARBINAUD : Diminutif de Harbaud <germ.Hari : armée, bald : audacieuse.

HEGEDUS : en hongrois, c’est le violoniste. (Aucun mérite à le savoir, mais demandez donc à Tommy de vous jouer du violon).

HUG : forme alsacienne de Hugues <huc <germ : hugo-one sur hûg=l’intelligence.

JACQUET : Variante régionale et diminutif de Jacques <lat iacobus. Le patronyme a été popularisé par St Jacques le Majeur, apôtre, et St Jacques le mineur, martyr du 1° s.

JAILLET : (Ouest) diminutif du mot régional jaille : marécage et, par extension, boue, gadoue. Le patronyme désigne alors celui qui habitait un domaine à l’abord marécageux ou boueux. A noter que dans le Jura, le mot jaillet désigne un bœuf tacheté.(?)

JAMES : c’est la forme béarnaise de Jacques (comme en Anglais). Cf Jacquet.

JEANNIN : comme Jeannet, il s’agit d’un diminutif de Jean <St Johannes, apôtre dont le nom en Hébreu signifie : « Dieu accorde » (Jo pour Iaveh, Jehovah).

JOLY : (surtout Pas de Calais et Bourgogne). C’est tout simplement une variante graphique de l’adjectif joli qui, en AF avait le sens de joyeux, gai, ardent.

JOURDAN : <Jordan : forme savante du Jourdain, fleuve dans lequel aurait été baptisé Jésus et qui devint nom de baptême après les Croisades.

JOURDIEU : forme régionale bourguignonne. En ancien bourguignon, Jourd’heu = aujourd’hui. A moins qu’il ne s’agisse du dérivé d’un toponyme : Plusieurs Jourdeuil en Côte d’or.

JOUSSEAU : (Charente, Gironde) Sans doute sur Josse <lat judocus (ou judocius), prince breton béatifié et très populaire dans l’Ouest et le Nord.

JUILLARD : Altération de Juliard <St Julius (sur Jules)

LAFARGE : (Massif central) Sur farge : la forge. (Cf Faverjon).

LAMAIN PASSERAT : Surnom d’un homme à la main prompte. Il existe un St Lamain dans le Jura. Passerat, en occitan, désigne le passereau. C’était aussi le sobriquet pour un homme léger ou vif.

LAMBERET : formé sur Lambert <germ. Land : pays, berht : puissant, illustre.

LARCHER : nom de profession avec l’assimilation de l’article. Il s’agit soit de l’archer soit d’un fabricant d’arcs.

LARGE : (fréquent dans le 69 et le 71) <lat. Largus : libéral (d’où large d’idées). Ou alors, <AF, large qui signifiait surtout grand (de taille). Il peut être aussi le surnom d’un homme large de buste.

LAVALETTE : (très répandu dans le Limousin). « petite vallée », c’est une forme occitane qui a donné plusieurs toponymes dans le Midi.

LEROY : (Nord ; Ouest) Comme Roy = roi, c’est un surnom parfois donné au « roi » d’un tournoi d’archers.

LEVEQUE : Bien sûr <évêque. Surnom (ou alors il faut admettre qu’un évêque pouvait officiellement avoir une descendance).

Plusieurs possibilités :

  • soit aux allures épiscopales (onction, …)
  • soit (au niveau des ragots) un enfant naturel d’évêque
  • soit celui qui acquittait les droits seigneuriaux à l’évêque.

<lat. Episcopus <gr. Episkopos : gardien.

LOEUILLEY : sur œillet, au sens propre de « petit œil » <lat. Oculus. Peut signifier aussi : originaire de Leuilley (Haute Saône) ou de Heuilley (Côte d’Or, Haute Marne). Il existe aussi la possibilité de noms de métiers : celui qui vend ou fabrique de l’huile ; ou encore un berger (AF : oeille : brebis) ou même un potier (AF : olier) En tout cas, un nom très riche en possibilités.

MARGUIN : Formé sur Marguerite <Ste Margarita, martyr à Antioche au III° s. <lat margarita : la perle.

MARIEUX : Peut-être à rapprocher de I’AF mariier : naviguer. D’où navigateur (?). Ou alors, ce patronyme pourrait avoir été fait sur Marie, il existe des Mariey en Bourgogne, il pourrait s’agir d’une déformation graphique. A moins qu’il ne s’agisse d’un marieur (comme les formes taiseur/taiseux ; jeteur/jeteux… de sorts bien sûr !).

MARTOIRE : (?) Peut être un dérivé de Martin.

MARTOUREY : Peut-être comme Martory. <St Martory : martyr à Agnani ou d’un toponyme, St Martory est un village de Haute Garonne.

MARY : Forme méridionale de Marius ou toponyme d’origine (ex. il existe un Mary en 71).

MATHEY : (Fréquent en Franche Comté). C’est un dérivé de Mathieu, un des quatre évangélistes. <hébreu : don de Dieu.

MATHIVET : Comme Mathey, c’est un diminutif fait sur Mathieu.

MENARD : <germ. Magin : force ; hard : dur. Autrement dit comme beaucoup de patronymes d’origine germanique, quelqu’un de très doux.

MERCIER : (Nord, Pas de Calais). Nom de métier, bien sûr, mais en AF mercier signifiait colporteur.

MERINO : Très répandu en Espagne, c’est l’équivalent du bailli français : fonctionnaire nommé par le roi ou le seigneur pour diriger une juridiction. <lat. Majorinus, diminutif de major qui a donné en français : le maire. (mais pas l’ex premier adjoint !).

MERLE : (très fréquent en région lyonnaise et Bourgogne). Deux possibilités :

  • soit le surnom d’une personne aimant chanter ou siffler
  • soit un toponyme évoquant un sol marneux <occitan, Maria: la marne.

MEUNIER : <bas lat. Molinarius qui est un dérivé de molinum : moulin. Bien sûr, il s’agit d’un nom de profession.

MIARD : deux possibilités.

  • <germ. Mid : milieu ; hard : dur ou <germ. Mid : milieu ; wald<waldan : gouverner. Avec l’interprétation que l’on veut mais toujours dans la douceur
  • <St Miard, évêque de Noyon en 562 <lat. Medardus qui a aussi donné Médard.

MILLIEX : (Savoie, plus précisément Maurienne). Que des hypothèses douteuses :

  • soit marchand ou producteur de mil (mais produisait-on du mil à st Jean d’Arves en 1234 – date d’apparition du nom dans les registres ?)
  • soit ceux du milieu, entre les royaumes de France et d’Italie.

Aucune de ces hypothèses ne me satisfait et ça me rend malade de me dire que je suis meilleur en hongrois (Hégédus) et en espagnol (Mérino) qu’en savoyard.

MONIN : (fréquent en 71) Aphérèse de Aimon, (Aymon, Haimon, Hémon) ou de Simon, et diminutif. <germ. Haim : maison, foyer. C’est la même racine qui a donné le mot hameau.

MONNET : (fréquent dans le 01 et le 79). C’est une forme méridionale avec la même origine que Monin.

MONTENAC : <toponymes du genre Montagnac (Dordogne, Hérault…) ou Montignac (Charente, Gironde) qui étaient d’anciens domaines gallo-romains <montanus ou montinus.

MORANDET : diminutif de Morand <More. Autrement dit qui est brun de peau, comme un maure.

MOREL : on retombe sur la même origine que le précédent (<More), avec la même signification.

MORIOT : rebelote ! Mais cette fois, il s’agit d’un diminutif.

MORRIER : Variante régionale de mûrier (Ouest), mais aussi toponyme (Eure et Loire). Peut-être celui qui possédait des mûriers (pour la soie).

MOUCAUD : Origine obscure. Peut-être à rapprocher de mocar : railler ou moucher d’où quelqu’un de moqueur, s’il s’agit d’une forme méridionale. Sinon, peut-être sur mouche, sobriquet d’un importun <lat. musca.

MOUILLESEAUX : Peut-être le surnom d’un laitier. (qui mouillait d’eau les seaux de lait mais pas pour les nettoyer bien sûr !)

MUZY : (surtout dans le 01, le 69, le 73). Peut-être, toponyme d’origine : Musy (Eure), Mussy (nom de domaines gallo-romains que l’on rencontre dans l’Aube, la Côte d’Or, la Saône et Loire) et il existe un lieu-dit Muzy à Chamelet dans le Rhône.

NICOT : patronyme fait sur Nicodème <gr. Nikê : victoire ; demos : peuple. Peut aussi venir de St Nico, martyr à Taormina. On le rencontre surtout dans le Finistère et la Haute Vienne.

NIVET : <lat. Nivare, nivere : neiger, être blanc. Peut-être par allusion à la couleur des cheveux.

NOUVELLET : C’est un diminutif de nouveau. Surnom donné au « petit nouveau » dans le pays.

OUDOT : (Franche-Comté). Peut-être un diminutif de Ode, personne d’origine germanique <odo, od : riche. Ou bien c’est une variante de Odet, Odin… <Odelin, Odilon <St Odilon, abbé de Cluny aux Xè -XIè s.

PANNETIER : (fréquent dans l’Ouest et dans la Nièvre). Comme Panetier, c’est un nom de métier. En AF, il s’agit du boulanger <lat. Panem : le pain.

PATUELLE : sur patu, en AF, c’est une pièce d’étoffe, un chiffon : d’où le surnom possible d’un chiffonnier. (à rapprocher du mot lyonnais, patis qui a le même sens)

PAUTET : <AF: paut : la boue d’où peut-être un toponyme d’un endroit boueux. Par contre, en occitan, il s’agit d’une patte.

PAYEBIEN : (patronyme uniquement du 71). Sans doute un sobriquet sur le verbe payer. Peut désigner un radin plutôt qu’un bon payeur ou bien quelqu’un de rancunier.

PECHOUX : Deux possibilités :

  • soit sur pêcheux = pêcheur, donc surnom de profession,
  • soit un diminutif régional de « petit » comme le pitchoun méridional.

PELLERIN : <bas lat. pelegrinus <lat. peregrinus = qui voyage à l’étranger, qui vient de l’étranger. Au MA, s’emploie d’abord pour désigner celui qui est allé en pèlerinage, puis celui qui revenait des Croisades.

PEPIN : <germ. Pippinsur une racine bib=trembler. Le patronyme a dû son succès aux fondateurs de la dynastie carolingienne. En AF, le pépin désignait parfois le jardinier d’où la possibilité d’un surnom de métier. (très courant en Savoie, en Normandie et dans le Nord)

PERNET : (Doubs et Ouest) et PERNOT : (Franche-Comté et Drôme) sont deux hypocoristiques de Pierre <St Petrus, traduction latine approximative d’un nom hébreu signifiant rocher.

PERRIGUEY : Peut-être composé sur Pierre Rigaud <germ, rie : puissant et wald : gouverner.

PERUSSET : deux possibilités :

  • <perussa, mot occitan désignant le poirier sauvage d’où un toponyme : Domaine planté de ces arbres.
  • <perru, autre mot occitan signifiant pierreux.

PEYRAT : (fréquent en Corrèze, Dordogne, Haute Vienne) il s’agit tout simplement d’un diminutif de Pierre.

PONSOT : (Est) diminutif de Pons, forme savante : ponce. <de St Pontius, saint d’Asie Mineure dont le culte fut très répandu au MA.

<Pont, qui désignait une région d’Asie mineure (Cf le Pont Euxin, ancien nom de la Mer Noire).

PONT : (Saône et Loire, Savoie). Comme Dupont : maison située près du pont. Pont est aussi un toponyme de nombreux hameaux.

PORCHE : (Charente, Ile et Villaine)

Variante de Porcher, il s’agit donc d’un nom de métier : éleveur de porcs.

PRADIER : (Gard et Loire) <lat. Pratum : terrain herbeux. Soit le propriétaire du pré, soit celui qui y travaille. C’est la même chose que les formes Duprat, Delprat…

PROST : en AF, c’est le prévôt, plus exactement la forme contractée de provost de même sens. Le prévôt (lat. Praepositus = le préposé) était au MA un officier de justice ou encore un dignitaire ecclésiastique.

PRUDENT : (Saône et Loire et Jura) < lat. Prudens : sage, prévoyant. D’où un surnom. Ou bien <Prudentius, patronyme porté par un poète chrétien du IVè s. et par un évêque de Troyes au IXè s. Je pense qu’il faut privilégier la première solution. Rem : comme chaque fois qu’il s’agit d’une qualité, le patronyme a pu s’appliquer à quelqu’un qui était tout sauf prudent.

PUGEAUT : Peut-être une variante de « petit puy » comme Puget.

QUENARD : deux possibilités :

  • soit une variante de quesne, qui en normand et en picard signifie chêne d’où une chênaie donc un toponyme de domaine
  • soit une variante de quien qui dans les mêmes coins désignait le chien.

D’où possibilité de surnom.

RAOUX : C’est une variante de Raoul. <germ. Rad : conseil ; wulf : loup.

Présent surtout en Auvergne et dans les Vosges.

RICHY : Plusieurs possibilités :

  • peut-être sur riche mais ça me semble trop simple.
  • si le nom est d’origine italienne ou corse (Ricci), c’est l’aphérèse de Theodorici (=Thierry). C’est un sobriquet désignant celui qui a les cheveux frisés
  • ce peut être enfin une variante de Richer, Richier <germ richari de rie : puissant ; hari : protection armée.

RIGAUD : Nom de saint et toponyme <germ rie : puissant ; wald(an) : gouverneur.

ROBIN : (Surtout en Vendée). Plusieurs possibilités :

  • hypocoristique de Robert <germ. Hrod : gloire ; berht : brillant, illustre
  • clerc auprès d’un seigneur, le robin étant celui qui porte la robe (= soutane)
  • St Robin <lat ruvinus, patron d’une église de Bretagne.

ROGIE : à rapprocher de ROGIER > ROGER

<germ. Hrod : glaive ; gari : lance

D’où lance glorieuse… Et ben mon vieux !

ROLLET : d’une racine scandinave obscure (cf Rollon, premier duc de Normandie) ou alors variante de Raoul ou de Roland. <germ : hrod : gloire ; land : pays.

ROLLIN : (Vosges et Saône et Loire) Voir le précédent.

SALET : (Ain, Saône et Loire). Comme salé, dans son sens de grivois. Ou bien diminutif de Salle <germ salla qui désignait, au départ, une maison fortifiée puis une grande maison, donc un toponyme (cf La Salle à quelques kilomètres d’ici)

SARRALIER : <forme méridionale, sarrail = serrure, d’où un nom de métier : serrurier.

SIXDENIER : (Saône et Loire et Franche Comté)

  • Peut-être nom de serf ayant payé cette somme pour son affranchissement.
  • En AF, on trouve aussi denier dans le sens de denrée d’où un fournisseur de denrées. Dans ce cas, le six pose problème s’il ne s’agit pas du chiffre, ce serait l’altération de sixt-sixte, nom d’un saint et de plusieurs papes <lat. Sixt : le sixième enfant.

La première hypothèse me semble la plus satisfaisante.

SPITZ : (Alsace, Lorraine). Deux possibilités :

  • <germ spitz : pointu. Pointu, au sens figuré : mordant, caustique
  • toponyme, originaire de Spitz(e) : collines pointues.

SYLVAIN : comme Silvain <lat. Silvanus, dieu des forêts, ce qui est logique quand on voit François au bois !

SYRE : C’est le sobriquet de Sire.

TAGLIATI : relativement fréquent en Emilie-Romagne, dans la province de Modène. Nom sans doute formé sur le PP tagliato coupé, avec un grand nombre de possibilités :

  • coupé, taillé, vieux jeu (familier), isolé
  • censuré
  • fait pour, taillé pour

Remarque : peut être le surnom d’un tagliatore, i.e. tailleur, aussi bien de vêtements que de pierres (lapidaire). A moins qu’il ne s’agisse d’un aspect physique du genre balafré ( ?).

TALMOT : Patronyme rare et surtout porté dans les Côtes d’Armor. Il semble être un diminutif du breton, talm : la fronde. C’est donc le surnom possible de celui qui utilisait cette fronde.

TARTARA : Toponyme, il existe une localité Tartaras dans la Loire et des villages ou hameaux Tartara dans le Rhône et l’Aube. Il faut peut-être aussi rapprocher ce patronyme de l’AF tartaret : faucon (de Tartarie) d’où fauconnier. Dernière possibilité : en AF, le mot tartare a aussi désigné une étoffe de soie, d’où le surnom du marchand de ce tissu.

TERRIER : Contrairement aux apparences, au MA le terrier est le tenancier d’une terre.

THEVENOT : sur Etienne avec aphérèse. Forme française de St Stephanus <stephanos : couronne. D’après la tradition, il fut le premier martyr vers l’an 36 en Judée.

TIERSONNIER : (Normandie, Oise, Bourgogne, Bourbonnais)

  • <AF, tierçonier <tiers troisième enfant (celui que l’on dote d’une propriété)
  • métayer qui doit la redevance du tiers de la récolte
  • mesure pour les grains (tiers du setier) d’où le surnom de celui qui fabriquait ces mesures (?)
  • redevance payée tous les trois ans (toujours pour un métayer).

Autrement dit de nombreuses possibilités, à vous de choisir celle qui vous convient le mieux.

TIRAN : en AF, celui qui tire sur les rênes, autrement dit surnom de charretier. Au figuré, toujours en AF : opiniâtre, entêté. J’ai bien ma petite idée mais…

TRICOCHE : Origine obscure. Peut-être un péjoratif de l’AF tricote : gros bâton, variante de tricot : petite trique. Possibilité de toponyme : il existe un hameau, les Tricoches à Rivarennes dans le 36. C’est d’ailleurs dans l’Indre et les départements voisins que ce patronyme est le plus fréquent.

TRINTIGNAC : originaire de Trintinhac, toponyme de deux hameaux dans la Haute Loire.

TRUCHET : (région lyonnaise). Patronyme formé sur Truc, nom topographique désignant une hauteur. C’est aussi, au MA, un nom de baptême dans le Midi.

VEAU : Peut-être un sobriquet ou une altération de vau (=val), à ce moment-là on retombe sur un toponyme, comme Duval.

VERNAY : Sur le mot verne, d’origine gauloise, qui désigne l’aulne. Comme toponyme, c’est la forme normande de aulnaie. Ce patronyme peut aussi signifier : né au printemps <lat vernum : printemps.

VIALLE : (Corrèze)

<viala: forme régionale pour désigner un domaine rural puis un bourg puis une ville. C’est une forme fréquente dans le Massif central sous cette graphie. Cf Viala, nom cévenol : habitant (ou originaire) du bourg de ce nom.

Autre possibilité <Vialis, qui donne Viaud (St Viaud fut honoré à Tournus au IIIè s).

VILLEROT : (Saône et Loire)

<viller(s), forme en langue d’oïl de 1·occitan vilar <bas lat. Villare qui désigne d’abord un démembrement de la villa (domaine rural) gallo-romaine. Le suffixe -ot est un diminutif (affectueux ou péjoratif). Le patronyme peut donc désigner, un habitant de ce Villers ou Villars. Si en plus il s’agit du doyen, « je vous dis pas ».

La deuxième possibilité est tout aussi réjouissante : Originaire de Villerot, hameau à Thurey (71).

VINCENT : <St Vincent (cher aux Bourguignons) surnom mystique chrétien ayant le sens de vainqueur.

VINOT : (Haute Saône et Vosges)

  • Diminutif péjoratif de vin : petit vin, mauvais vin, petite vigne.
  • Surnom de producteurs ou de marchands de vin.

VIVIER : (Allier, Rhône, Deux Sèvres).

  • gardien de vivier ou de propriété à vivier
  • toponymie : c’est aussi le nom de nombreux hameaux.

VOISIN : <lat vicinum=le communal. Il a le sens du nom actuel mais a aussi une valeur topographique concernant des hameaux. Ex. avec un diminutif : Le Vésinet.