L’église Sainte Marie-Madeleine du Villars est un édifice remarquable par son architecture romane et son histoire particulière. Constituée de deux nefs réunies sous une même toiture, elle conserve les traces de plusieurs siècles d’occupation et de transformations. La nef paroissiale côtoie ainsi l’ancienne nef priorale des bénédictines, témoignage de l’histoire conventuelle du lieu.
Bien au-delà de sa fonction religieuse, l’église occupe une place particulière dans l’histoire du village. Témoin de la vie des générations qui se sont succédé au Villars, elle appartient au patrimoine commun des Vlérons et constitue un repère dans le paysage comme dans la mémoire collective. Sa conservation représente donc un enjeu qui dépasse la seule préservation d’un édifice ancien.
À partir de 1990, une réflexion est engagée pour préserver ce patrimoine, dont certaines parties nécessitent d’importantes interventions. La restauration s’étendra sur plus de vingt ans, avec un objectif général : remettre en valeur l’architecture des XIe et XIIe siècles tout en conservant les témoins de l’histoire complexe de l’édifice.
1990-1993 : les premières démarches
Les premières démarches en faveur de la restauration sont entreprises en 1990. En 1991, une étude préalable à la restauration est confirmée, tandis que le programme des travaux est annoncé pour 1993.
Le projet prévoit plusieurs interventions complémentaires : mettre l’édifice hors d’eau par la réfection des couvertures, consolider les maçonneries, retrouver certains éléments de l’architecture romane et dégager des enduits et des décors anciens. Il s’agit également de redonner à la nef des bénédictines sa volumétrie intérieure d’origine, tout en respectant les différentes périodes de l’histoire du bâtiment.
Le chantier est organisé en deux grandes phases : les travaux extérieurs, puis les travaux intérieurs. Chacune est divisée en plusieurs tranches afin d’intervenir progressivement sur les différentes parties de l’église.
1994-1997 : la restauration des extérieurs
Les travaux débutent à l’automne 1994. Cette première étape porte sur le chœur, le clocher et la façade orientale (côté Saône).


Les interventions concernent notamment les maçonneries, les charpentes, les vitraux, les menuiseries et les ferronneries. Le programme prévoit également la restitution de certaines baies romanes et le bouchage d’ouvertures plus récentes, afin de retrouver une lecture plus fidèle de l’architecture ancienne.
La disposition des absidioles est respectée et la façade de l’absidiole sud doit retrouver son aspect architectural. Les percements primitifs du clocher sont également remis en valeur.




La restauration se poursuit en 1996 avec les toitures, la nef, puis le porche et la façade occidentale.








En 1997, les premières tranches de travaux sont achevées. Le coût indiqué pour ces interventions est d’environ 900 000 francs. Cette campagne permet de restaurer les extérieurs de l’église et plusieurs éléments de la nef conventuelle.
1996-2002 : les travaux intérieurs de l’église paroissiale

Alors que les travaux extérieurs progressent, l’état des intérieurs devient une préoccupation importante. En 1996, un orage provoque des dégradations qui conduisent à solliciter une prise en charge par les assurances de la réfection des parties intérieures. Les travaux sont alors envisagés pour les années suivantes.
En 2000, l’association Les Amis du Villars apporte un soutien financier à la restauration intérieure, avec un don de 25 000 francs. Les travaux intérieurs sont entrepris en 2001 et l’aménagement de la terrasse extérieure est réalisé en 2002.











La restauration de la nef paroissiale permet de poursuivre la remise en valeur de l’édifice, après les interventions sur ses façades et ses couvertures. Les travaux se poursuivent ensuite dans le chœur et les absides.
2000-2004 : la découverte d’un Christ en gloire
En 2002, alors que la restauration de la nef s’achève, il reste à intervenir sur le chœur et les absides.
Les travaux préparatoires de 2001 mettent au jour, sous des peintures du XVIe siècle, un Christ en gloire daté du XIe siècle. Cette découverte révèle un décor plus ancien que celui qui était visible jusque-là et témoigne de la richesse des peintures conservées dans l’église.
La restauration du chœur est engagée en 2003, avec une participation financière des Amis du Villars à hauteur de 5 %. Les travaux s’achèvent en 2004.
Au-delà de la restauration des maçonneries et des espaces intérieurs, cette intervention permet de redécouvrir et de préserver des éléments anciens du décor peint.










2005-2013 : la restauration et la réunification de la nef des bénédictines
Après les travaux consacrés à l’église paroissiale, l’attention se porte sur la seconde nef, liée à l’histoire du prieuré des bénédictines. Cet espace conserve des éléments architecturaux et des peintures murales qui nécessitent des interventions spécifiques pour assurer leur sauvegarde.
En 2005, une subvention est demandée pour la restauration de cette seconde nef. Notre association prévoit de participer à la conservation et à la sécurisation de l’espace, notamment de sa voûte.
2006 : Sécurisation de la voûte et sauvegarde des peintures murales
En 2006, les travaux portent sur la sauvegarde des peintures murales et la sécurisation de la voûte. En 2007, le nettoyage de la partie orientale de la nef est réalisé, ainsi que celui de la porte séparant les parties est et ouest.


2013 : retrouver l’unité de la nef
L’année 2013 marque une étape décisive dans la restauration de la nef priorale. Le chantier se concentre notamment sur la réfection des voûtes, avec pour objectif de préserver la structure de l’édifice et de remettre en valeur son architecture ancienne.
À la Révolution française, la nef est divisée en deux par un mur de cloisonnement. La partie Ouest est vendue à un particulier, qui y aménage un plancher créant deux étages. La partie Est, quant à elle, reste affectée au culte et conserve son volume intérieur sans plancher intermédiaire. Lors des travaux de restauration, le mur de séparation et le plancher sont supprimés, permettant de réunifier les deux parties de la nef et de retrouver un espace intérieur plus proche de sa configuration d’origine.
La restauration ne se limite plus à la consolidation du bâtiment : elle contribue aussi à restituer la lecture historique et architecturale de cet espace.



Une restauration au service de la mémoire du village
Engagée en 1990, la restauration de l’église Sainte-Marie-Madeleine s’est poursuivie pendant plus de vingt ans, au fil de campagnes successives. Les travaux ont permis de reprendre les couvertures et les maçonneries, de remettre en valeur l’architecture romane, de restaurer les espaces intérieurs et de sauvegarder les peintures murales. Ils ont également révélé des témoignages précieux de l’histoire artistique de l’édifice, notamment le Christ en gloire du XIe siècle et les fresques médiévales découvertes lors de la suppression du cloisonnement de l’ancienne nef priorale.
Plusieurs maires se sont succédé à la tête de la commune durant cette période, mais le chantier a continué, étape après étape. La commune et l’association ont contribué à cette entreprise de longue haleine, dont la durée témoigne de l’importance accordée à la sauvegarde de l’église.
Car ce bâtiment n’est pas seulement un lieu de culte. Il raconte l’histoire du Villars, celle de ses communautés religieuses, de ses habitants et des transformations du village au fil des siècles. Son architecture, ses peintures et ses deux nefs constituent autant de traces d’un passé que les Vlérons ont choisi de préserver.
Restaurer l’église, c’est ainsi conserver une part de la mémoire collective du Villars. Le travail accompli permet aujourd’hui de mieux connaître cet héritage et de le transmettre aux générations futures. Les photographies prises avant, pendant et après les travaux en gardent la mémoire et témoignent du chemin parcouru pour préserver ce patrimoine commun.
Sources
- Photographies par la famille GUY-RICHY
- Le Petit Vléron – revue annuelle de la commune
