Le Villars, des changements de paysage depuis 1834

Le paysage du Villars a beaucoup évolué au cours des deux derniers siècles. Grâce au cadastre napoléonien de 1834 et aux données actuelles sur l’occupation des sols, il est possible de comparer l’aspect de la commune au début du XIXᵉ siècle avec celui que nous connaissons aujourd’hui.

Le cadastre napoléonien : une photographie du territoire

Mis en place sous Napoléon Ier, le cadastre avait avant tout un objectif fiscal : recenser toutes les propriétés afin de calculer l’impôt foncier. Pour chaque parcelle, il indiquait son propriétaire, sa superficie et sa nature de culture.

Au Villars, le cadastre dressé en 1834 constitue un témoignage exceptionnel. Il permet de reconstituer avec précision l’organisation du territoire et les activités agricoles de l’époque.

Un village marqué par la vigne

L’analyse de l’état de section révèle une répartition très différente de celle d’aujourd’hui.

  • 47 % du territoire était occupé par des terres cultivées.
  • 21 % étaient couverts de bois.
  • 20 % étaient plantés en vignes, soit environ 112 hectares.
  • Le reste se partageait entre prés, pâtures, jardins, vergers, carrières, chemins et bâtiments.

Cette proportion de vignes montre que la viticulture occupait une place importante dans l’économie locale. Les coteaux du Villars étaient largement cultivés, aux côtés des terres labourables et des prairies destinées à l’élevage.

Le paysage d’aujourd’hui

Les données actuelles montrent un territoire toujours largement agricole, mais profondément transformé.

Les terres cultivées occupent désormais la plus grande partie de la commune, les prairies se sont développées et les bois ont légèrement reculé (principalement sur le bois de Boulay). En revanche, les vignes, qui couvraient autrefois près d’un cinquième du territoire, ont pratiquement disparu.

Deux siècles de transformations

La comparaison entre 1834 et aujourd’hui met en évidence plusieurs évolutions majeures.

Nature du sol18342018
Terres cultivées47 %60 %*
Prés et pâtures8 %17 %
Bois21 %13 %
Vignes20 %~0%

*Les terres cultivées correspondent ici aux terres arables et aux zones agricoles hétérogènes.

La disparition du vignoble constitue la transformation la plus spectaculaire. Comme dans une grande partie de la Bourgogne, les vignes ont été fortement touchées par la crise du phylloxéra à la fin du XIXᵉ siècle. Au Villars, elles n’ont vraisemblablement pas été replantées en totalité, les terres étant progressivement converties en cultures ou en prairies.

Un territoire qui n’a jamais cessé d’évoluer

L’agriculture n’est pas la seule à avoir façonné le paysage du Villars. Au fil des décennies, de nombreuses activités et de grands travaux ont également transformé le territoire.

Les carrières représentaient 0,5 % du territoire en 1834 (~2 hectares). Il y en avait 11 sur la commune (plus une déjà abandonnée) et la majorité étaient située à la Roche Maillard dont la plus grande (0,6 hectares).

A la Roche Maillard, on trouvait également une pépinière de 500 m².

Le moulin à vent, aujourd’hui disparu, rappelle qu’avant l’industrialisation, l’énergie du vent participait à la vie économique du village. Il était situé au bout de la Chenevière des Dames, face à la Saône.

On note aussi sur le cadastre napoléonien la présence du bac au port du Villars qui permettaient d’accéder à l’autre rive de la Saône.

Le XXᵉ siècle a apporté des changements d’une autre nature. La construction de la ligne de chemin de fer PLM, puis celle de l’autoroute A6, ont traversé le territoire communal. Leur réalisation a nécessité d’importants rachats de terrains, modifiant le parcellaire et l’organisation de certaines exploitations agricoles.

Un paysage, témoin de l’histoire

Le Villars d’aujourd’hui reste un village rural, mais son paysage n’est plus celui qu’ont connu les habitants du XIXᵉ siècle. Derrière chaque parcelle se cache une part de l’histoire de la commune : l’essor puis le déclin de la vigne, l’évolution des pratiques agricoles, l’exploitation des ressources locales et l’arrivée des grandes infrastructures de transport.

Observer ces transformations permet de mieux comprendre comment le territoire s’est construit au fil des générations, et pourquoi le paysage que nous connaissons aujourd’hui est le résultat de près de deux siècles d’évolution.